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Marie Carmelle Jean Marie revient au ministère des Finances

vendredi 4 avril 2014 par Administrator

La nouvelle ministre de l’Economie et des Finances, Mme Marie-Carmelle Jean-Marie a été installé ce jeudi 3 avril à ses fonctions par la ministre de la Santé Publique et de la Population, Mme Florence Duperval Guillaume lors d’une cérémonie à la salle de conférence du MEF. A cette occasion, l’ex ministre Wilson Laleau et sa successeur Marie Carmelle Jean-Marie ont présenté leurs discours de circonstance que nous publions tour à tour pour les lecteurs du Nouvelliste.

Définitivement les printemps sont particulièrement sévères avec les Ministres de l’économie et des Finances de ce Gouvernement. En tout juste deux ans et 6 mois, pas moins de quatre Ministres se sont passés le maillet à la tête de ce Ministère, tous au cours de la même période de l’année. C’est peu pour asseoir une politique, réorienter l’économie, arrêter la descente aux enfers entamée depuis 33 ans au cours desquels les activités de recherche de rente se sont intensifiées et l’ont emporté sur tout effort de modernisation de l’économie et de création nette de richesse. Tout le tissu productif national, quelque soit le secteur, a été mis en déroute, malgré les énormes potentialités de certains secteurs en termes de capacité à créer de la valeur ajoutée forte et rapide et des emplois décents, durables et bien rémunérés. Avec une croissance du PIB per capita (c’est-à-dire la quantité de biens et services produits par chaque citoyen) globalement négative au cours de la période, Haïti a réussi le pari d’être le seul pays du monde à accumuler des statistiques aussi peu enviables sur une période aussi longue alors qu’elle n’est pas en guerre.
La faute à « l’instabilité politique permanente » ?, c’est sûr. Mais ce n’est pas suffisant. La manière de conduire les politiques publiques et en particulier les politiques économiques constitue, en vérité, un déterminant majeur de ces piètres performances. Je suis de ceux qui croient que l’instabilité sociale et politique et la trop grande pauvreté de la population liée à des niveaux d’inégalité sociale insupportable sont parfaitement corrélées c’est –a dire, l’un se nourrissant de l’autre. L’un expliquant l’autre. On doit pouvoir travailler et résoudre l’un et l’autre simultanément. C’est le défi adressé aux hommes et femmes politiques de notre temps. Parce qu’il est clair qu’un pays où seulement 6% de la population est capable de se prendre en charge pour ses besoins de base sans chercher l’aide de l’Etat ou d’un parent ayant fui à l’étranger réunit tous les ingrédients de l’instabilité. Il revient à l’Etat dans ses différentes déclinaisons de bien prendre la mesure de ces enjeux pour leur apporter les solutions appropriées. Sur ce registre là, le Ministère de l’Economie et des Finances a un rôle majeur à jouer pour secouer le pays de sa torpeur. Pour ce faire, il doit d’abord assurer sa propre mutation. Il lui faut évoluer du rôle qu’il s’est donné de simple comptable-payeur général de la République, c’est-à-dire, en deca même de ce que lui prescrit sa loi organique, pour remplir son rôle de principal responsable de l’élaboration et de mise en œuvre de la politique économique et financière de l’Etat. Il convient de mettre de l’avant les fonctions économiques et en particulier celles ayant trait à la valorisation du patrimoine de l’Etat, qu’il soit financier ou non financier pour renforcer les capacités de l’Etat à être stratège c’est-à-dire, à pousser directement à la réalisation des grands projets économiques quand il le peut, en régulant sinon. C’est à cela que je me suis attelé au cours des 11 mois et 2 semaines à la tête de ce Ministère. Les projets de budget que le Ministère a préparés sous mon leadership et les diverses décisions que nous avons prises au cours de cette période procèdent de cette logique.

Sur la reforme des finances publiques

Le premier problème identifié a été celui de la coordination de la Reforme.
Quand je suis arrivé au Ministère, il y avait environ six projets de coopération internationale portant sur les réformes des finances publiques. Six coopérations se chevauchant souvent, se contredisant parfois. Pour assurer une appropriation et une mise en cohérence de ces réformes, j’ai mis en place une commission de coordination et d’orientation de cette réforme intégrant des hauts cadres du Ministère sous le leadership de Monsieur Charles Cadet.
Un état des lieux du travail réalisé vous sera transmis par le coordonnateur de la Commission.

En matière de gestion des ressources du Budget
Dans le cadre du suivi des dispositions prévues dans le décret de 2005 sur le budget et la comptabilité publique, le travail sur la mise en œuvre du compte unique du trésor a été intensifié. Trois postes comptables sont déjà en place et au plus tard en Juillet 2014, tous les postes comptables seront opérationnels. Monsieur Donat André Directeur Général Adjoint au Trésor vous fera une présentation du projet et de son évolution.

En matière de dépense publique

Notre principal souci en la matière reste la faible efficacité de la dépense publique. L’impact d’un dollar dépensé sur l’économie haïtienne reste très limité, que ce soit en termes de création d’emplois, ou de production nette de richesses. Notre manière de réaliser la dépense publique nous transforme en « subventionneur universel » des économies régionales. Un groupe de travail sur la réforme de la dépense publique a été mis sur pied. Il doit faire des propositions pour atteindre deux objectifs qui vont dans le sens de : a) la rationalisation de la dépense en donnant plus de marge de manœuvre dans la gestion et l’exécution du budget, et 2) l’utilisation de la dépense publique en particulier la commande publique comme levier dans la dynamisation des PME.
Les premiers résultats des travaux réalisés par ce groupe ont beaucoup influencé l’élaboration des cinquante mesures en soutien à l’emploi et la croissance économique inscrites dans le projet de budget non validé par le Parlement. Il serait indiqué à mon humble avis que ce travail soit poursuivi. Monsieur Gérald Chéry coordonnateur de cette équipe se tient prêt à vous présenter les conclusions de ces travaux.
Cela n’est pas de l’ordre de la révolution. Il s’agit là de banales mesures appliquées par tous les états du monde qui permettent au budget de servir de levier en soutien au développement des PME.

Les chantiers urgents
Au titre des chantiers urgents à poursuivre, je recommanderais que celui des statistiques des Comptes Nationaux déjà entamé soit poursuivi. A notre demande, l’INSEE a accepté de nous aider à refaire les bases de la Comptabilité Nationale qui remontent à 1986-1987 c’est-à-dire qui prennent difficilement en compte les réalités économiques des 20 dernières années.
Celui de la Comptabilité Publique aussi et particulièrement de la tenue des comptes du Trésor Public doit recevoir la meilleure attention notamment pour avoir une meilleure maitrise de la dynamique de la dette interne et améliorer le tableau des opérations financières de l’Etat. Il s’agit en effet que la Direction du Trésor soit mise en capacité de bien comptabiliser et gérer les ressources de la nation.
J’ajouterai également l’amélioration des infrastructures frontalières. Des propositions sont déjà élaborées en vue de moderniser les structures des douanes et permettre un meilleur contrôle du transit des marchandises. Le Secrétaire d’Etat Ronald Décembre pourra vous faire un rapport circonstancié sur l’état d’avancement de ces travaux. Les plans pour la construction de nouveaux postes douaniers à Ganthier et la procédure pour le lancement des travaux est déjà engagée.
Parmi la panoplie de projets de reformes majeures proposées sous mon mandat, deux méritent d’être signalées particulièrement :
D’abord, un projet de loi déjà soumis en conseil des Ministres propose de créer une Direction Générale du Domaine, des Partenariats et des Participations Publiques (DGDPPP). Sa mission principale sera d’identifier, inventorier et valoriser l’ensemble du patrimoine de l’Etat quelque soit sa nature. La création de cette entité viendra institutionnaliser et renforcer, Mme la Ministre, l’Unite que vous avez créée pour gérer les partenariats publics privés. Elle veillera surtout à rationaliser la manière dont les terres du domaine privé de l’Etat sont utilisées et transigées. C’est peut-être la plus importante réforme économique à réaliser aujourd’hui par l’Etat d’Haïti par ce qu’elle est une condition essentielle, peut-être non suffisante pour permettre la réduction de la dépendance du pays des ressources externes pour financer son budget.
La deuxième réforme vise à revaloriser la fonction de Ressource Humaine dans la fonction Publique. C’est une réforme essentielle. Il s’agit, en effet de concert avec l’OMRH, de réussir le pari d’augmenter les salaires réels des fonctionnaires sans augmenter les dépenses de l’Etat. L’axe stratégique de cette réforme consiste à agir sur le système des dépenses publiques de manière à améliorer les conditions de vie des fonctionnaires par l’amélioration du niveau général des salaires nominaux et réels dans la fonction publique. On agira sur deux leviers :
-  Une politique rationnelle dans l’utilisation des voitures de services tout en donnant la possibilité à tout fonctionnaire disposant d’un salaire équivalent au salaire moyen distribué de se procurer d’une petite voiture dans des conditions raisonnables. Monsieur Donat André voudra bien vous faire rapport de l’évolution de ce dossier ;
-  Une politique de logement pour les fonctionnaires publics qui mobilise les ressources de la pension civile dans un montage financier à définir avec des banques de la place et qui permet à tout fonctionnaire qui ne dispose pas encore de sa propre maison d’acheter ou de louer un logement décent bien aménagé dans un cadre approprié. Un projet pilote pour la construction de 560 unités de logement dans la région de Tabarre est sur la table. Une équipe du Ministère coordonnée par M. Comeau avec le support de M. Max Antoine vous fera un rapport sur ce dossier.
Sous mon leadership et de concert avec le Ministère du Commerce et de l’Industrie, les circonstances l’ayant favorisé, le Ministère a entrepris de lancer un ensemble de grands projets. Le plus emblématique est celui ayant trait à la valorisation et le développement de la région du Mole Saint-Nicolas. Un appel public à manifestation d’intérêt a été lancé pour développer des projets concernant par exemple la construction de ports en eau profonde, l’aménagement de sites touristiques et la construction d’hôtels, le développement d’un parc d’énergie éolienne, la construction d’une marina, la création une zone franche industrielle, etc. 6 offres ont été reçues. Un projet d’arrêté est préparé et sera présenté en Conseil des Ministres incessamment pour définir le cadre institutionnel approprié pour favoriser la conduite du développement harmonieux de ces projets sous la supervision de l’Etat. Deux phases dans l’étude des dossiers sont déjà complétées. Les résultats d’analyse des offres techniques sont attendus dans 40 jours.

Je voudrais, Madame la Ministre, Messieurs les Secrétaires d’Etat vous informer que dans le cadre de la préparation du budget 2014-2015, le Ministère de concert avec le Ministère de la Planification a réalisé un atelier de 2 jours auquel plus de 250 personnes venant de partout à travers la République ont participé. Il s’était agi pour nous d’identifier avec les acteurs économiques ce qui constitue des blocages les plus importants au développement de leurs secteurs et de convenir avec eux des mesures à prendre pour leur permettre de jouer leur partition de la stratégie d’investissement national et de soutien à la création d’emplois. Un groupe de travail est constitué qui prépare avec la DEE les principales conclusions de cet atelier qui devraient servir de matériau dans l’élaboration du prochain budget de la République.
Je voudrais pour clore mon propos vous dire que la situation générale de l’économie reste difficile mais pas alarmante comme beaucoup se plaisent à le dire.

Le taux de croissance économique prévu en tenant compte des informations sur la performance sur le premier semestre, se situe autour de 3.6%. Le taux d’inflation de 3% est plus que deux fois plus faible comparativement à son niveau de la même période de l’année dernière. Le déficit global base engagement est contenu à 286 millions de gourdes comparé à 2.6 milliards au cours de la même période de l’exercice précédent. Cependant, en base caisse, c’est trois milliards plus élevé que le niveau atteint à la même période de l’année dernière à cause surtout des effets de report d’une année sur l’autre. Les recettes fiscales ont cru de 10% contre 1% principalement grâce à une meilleure performance dans la collecte de l’impôt sur le revenu des personnes physiques. Mais deux points méritent d’être élucidés ici, l’impôt sur le revenu des sociétés a diminué de deux tiers, tandis que les ressources douanières ont diminue de 1%. La DEE travaille actuellement à comprendre la nature du problème. En tout état de cause, en tenant compte des ressources qui vont provenir de la taxe sur les immatriculations des véhicules non perçues au cours des deux dernières années les prévisions de recettes devraient être globalement atteintes.

A cause des retards dans le décaissement des appuis budgétaires attendus en général à partir du mois de Juin chaque année, le Ministère a recouru aux billets de trésorerie pour un montant de 5.9 milliards au cours du premier semestre.

Voila, Madame la Ministre, Messieurs les Secrétaires d’Etat l’état dans lequel vous trouverez le Ministère que le Président de la République et le Chef de Gouvernement avaient bien voulu me confier. Je reste naturellement à votre disposition pour répondre à toute question que vous pourrez avoir dans le cadre du suivi de certains dossiers.

Vous permettrez pour finir de présenter mes sincères remerciements à tous les hauts cadres du Ministères avec qui j’ai eu le bonheur de collaborer. Mon passage ici n’a pas toujours été un long fleuve tranquille, mais je dois reconnaitre la grande disponibilité et le professionnalisme de chacun de Directeurs Généraux, directeurs de services cadres et même petits personnels qu’il m’a été donné de rencontrer ici. Je leur dis que je m’en vais du Ministère mais que j’emporte dans mon cœur le souvenir des moments intenses passés avec eux. Je leur souhaite tout le succès qu’ils méritent dans la poursuite de leur carrière.

Mes sentiments les plus profonds vont aussi aux personnes que j’ai amenées avec moi dans ce Ministère qui m’ont supporté au niveau du Cabinet. Je ne connaissais pas la plupart d’entre eux en arrivant, je pars d’ici en laissant des amis, des frères qui n’ont pas marchandé leur effort pour travailler même le dimanche tard le soir pour terminer un dossier. Ils sont des professionnels de haut niveau et je sais qu’ils vont trouver une manière peut-être plus agréable qu’avec moi de valoriser leurs talents.

A vous Madame la Ministre, Messieurs les Secrétaires d’Etat, je me plais de vous présenter la plus cordiale bienvenue dans ces lieux que vous connaissez bien. Je crois que c’est une manière particulière de fermer la parenthèse pour Alfred et surtout pour Marie Carmelle qui ont construit une partie de leur carrière ici. Je vous souhaite donc de réussir à réaliser les bons projets que vous portez pour le bien-être économique de ce pays, et pour l’avenir de nos enfants.

Que Dieu vous accompagne et vous éclaire dans toutes vos décisions. Que Dieu bénisse Haïti.

Je vous remercie !

Discours de la ministre de l’Economie et des Finances, Mme Marie Carmelle JEAN-MARIE

[…] Le Ministre Laleau a conduit ce ministère, concurremment avec le Ministère du Commerce et de l’Industrie, et a su lui donner une impulsion dynamique que je compte bien poursuivre. Qu’il en soit vivement félicité et remercié.

Je pense ici notamment à la création de la Commission de Réforme des Finances Publiques et de la Gouvernance Economique qui a pu finaliser la stratégie de réforme à moyen terme et s’apprête à livrer le plan d’actions triennal de réforme des finances publiques. Je pense également à toutes ces initiatives en faveur de l’économie en général et de la croissance et de l’emploi en particulier qui méritent attention et respect.

Cependant et pour nous tourner vers l’avenir, je voudrais détailler avec vous rapidement les points saillants de notre feuille de route.

S’agissant des finances publiques, nous aurons à parachever les prochaines semaines le cadre de réforme et le plan d’action triennal qui lui est associé. Je veux que ceci constitue le chemin d’excellence qui s’impose à tous et nous permet d’en suivre les progrès mais aussi les insuffisances et les carences qui seront, je vous l’assure, dûment sanctionnées. Ce cadre nous permettra d’approfondir le dialogue avec nos partenaires techniques et financiers et d’assurer ainsi une coordination accrue des appuis extérieurs accordés aux finances publiques, qu’il s’agisse des appuis budgétaires ou des assistances et expertises techniques.

Je veux également que la question du Budget 2013-2014 soit définitivement résolue dans les prochains jours, permettant d’engager enfin la préparation du Budget 2014-2015 qui devra être approuvé par le conseil des Ministres courant juin avant d’être déposé auprès du Parlement dans les délais légaux requis. Ce budget devra naturellement assurer l’optimisation des allocutions budgétaires en vue de l’atteinte des résultats fixés par le Président de la République et déclinés dans les objectifs assignés au Gouvernement, dans le respect des grands équilibres macroéconomiques.

Concernant l’exécution des budgets, celle-ci doit se faire de manière régulière et fluide, tout en garantissant le strict respect des procédures et l’impératif d’efficacité de l’action gouvernementale. Ni laxisme, ni entrave telle sera ma devise. Dès lors la mobilisation et la saine gestion des ressources de l’Etat à la hauteur des enjeux devient un impératif vital et incontournable, à commencer par les recettes fiscales et douanière qui ont connu quelques faiblesses ces derniers temps, tandis que la mise en place du compte unique du Trésor devra être accélérée. J’entends que chacun me propose des remèdes immédiats et ne transigerai pas avec la recherche de solutions efficaces et durables, reposant sur la généralisation de contrats de performance avec toutes les entités dépendant du ministère après audit détaillé de la gestion passée, si nécessaire.

Enfin et d’une manière générale, j’entends à ce que le renforcement de la transparence et de la redevabilité associé à la lutte contre la corruption et les conflits d’intérêt devienne la règle absolue et notre priorité de chaque instant. La manipulation des derniers publics ne peut souffrir d’aucune faiblesse, d’aucune ombre ni d’aucun manquement. J’y veillerai.

Néanmoins l’importance des finances publiques ne doit pas faire oublier que le ministère repose sur deux jambes, qu’il me plait d’illustrer aujourd’hui grâce à la présence désormais de deux Secrétaires d’Etat en son sein, l’un dévolu aux Finances Publiques avec M. Roland Décembre, que vous connaissez déjà et l’autre assigné à l’Economie, avec M. Alfred Météllus, qui n’est pas non plus, et je m’en félicite, un inconnu dans cette grande maison.

Vous aurez, Monsieur le Secrétaire d’Etat à l’Economie, la tâche énorme d’assurer un soutien effectif et résolu à la croissance économique au travers des politiques ressortant de vos domaines de compétence, y compris à travers l’amélioration du cadre général des affaires, et sans oublier à ce stade qui devront orienter nos actions.

A ce titre, je souhaite qu’un approfondissement significatif des études et analyses économiques soit engagé et que la coordination en soit rapidement renforcée avec les autres institutions concernées, pour syndiquer nos ressources, encore fragile, et optimiser les résultats, sans oublier la nécessaire convergence de vue qui doit prévaloir à ce niveau : une fois la phase d’études achevée, le gouvernement doit avoir une seule vision et une seule politique économique, sous peine de brouiller son message et de neutraliser ses efforts.

Enfin deux thématiques devront également connaitre des développements plus rapides que par le passé. Ainsi je souhaite que la location des ressources foncières et financières de l’Etat fasse l’objet de mesures précises, qu’il s’agisse des structures, des pratiques ou des outils en vue d’en renforcer la gestion et d’en garantir l’optimisation. Je souhaite également, et c’est ici une ferme injonction, que les partenariats public-privé connaissent enfin des développements effectifs et des résultats mesurables, car au-delà de l’efficacité des services rendus á la nation et á l’économie que l’on peut en tirer, ils constituent une des voies les plus prometteuses de mobilisation de ressources privés, nationales ou étrangères, au service de la croissance et de l’emploi.

Etre Ministre de l’Economie et Finances, ce n’est pas, je le sais très bien, une sinécure. Formuler les budgets, tenir les clés du Trésor, décider jour après jour du meilleur emploi des fonds publics, mobiliser les ressources, initier et mener à terme les politiques et les réformes, ce n’est pas facile. C’est même austère. Mais c’est notre mission à tous ici présents et je ne manquerai pas de vous le rappeler jour après jour. Vous pourrez compter sur moi et, j’en suis certaine, sur mes deux Secrétaires d’Etat.

Cependant, avant de conclure et d’entamer tout aussitôt notre tâche au Ministère de l’Economie et des Finances, je voudrais, paraphrasant les mots de Jean-Jacques Dessalines à la Crête à Pierrot, vous dire ceci : Notre tâche est immense, les réformes sont exigeantes, la rigueur et la discipline budgétaires sont ingrates, l’économie et la croissance ne peuvent plus attendre. Alors, dans cette bataille, je ne veux garder avec moi que les plus braves
Je vous remercie. Au travail

Voir en ligne : Le Nouvelliste







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