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L’apport de Georges Anglade à l’étude de la diaspora

mercredi 18 avril 2012 par Administrator

Haïti : L’analyse de l’émigration haïtienne traverse toute l’oeuvre de Georges Anglade. Dans son premier ouvrage, l’Espace haïtien (1974), Anglade explique les irrégularités de la pyramide des âges découlant du recensement de 1950 par les migrations durant l’Occupation américaine de 1915-1934.

Après sa recherche sur le terrain pour préparer ce livre, il fut obligé de quitter le pays, après un bref séjour en prison. En plus de s’impliquer davantage dans la communauté haïtienne du Québec, il sillonna alors toute l’émigration haïtienne. En République dominicaine, il réalisa en 1982, une carte de l’île d’Haïti selon la projection d’Arno Peters. Le titre de cette carte, Hispaniola, prête à controverse mais il faut signaler le médaillon que l’on y retrouve.

Intitulée « La diaspora haïtienne », c’est en fait une carte des courants migratoires à partir d’Haïti.
Cette implication dans la diaspora conduira Anglade au constat suivant :

« ...J’ai vu le potentiel de complémentarité d’une diaspora dont les possibles liaisons sont encore à creuser par-delà la mobilisation des énormes transferts à des fins productives et de réserves de devises (je continue à plaider pour l’imagination et la créativité nécessaires à l’utilisation intelligente, un jour, du potentiel des compétences de la diaspora) » (Anglade, G., 1983, p. 47).

Après la fin du règne des Duvalier en 1986, Anglade mit sur pied le Mouvement haïtien de solidarité (MAS) qui présenta l’émigration haïtienne comme un « dixième département », une approche qui proposait de voir « la situation des Haïtiens de l’extérieur comme le prolongement des neuf départements intérieurs ». En novembre 1986, il mit en lumière le rôle de la diaspora par devant le Conseil consultatif et une délégation de constituants et plaida, sans succès, pour la reconnaissance de la double nationalité.

Par la suite, il s’impliquera dans l’action politique directe et occupa même un poste de ministre. Le début du siècle marquera un tournant important dans sa réflexion :

« Je n’écrirais plus aujourd’hui « L’Espace haïtien », mais plutôt « Les espaces des Haïtiens...L’espace haïtien est (...) articulé différemment avec toutes ces nouvelles technologies de l’information et des communications. Je crois que la lecture sociologique dans le futur sera plus pertinente que celle géographique du dernier quart de siècle. » (Anglade, G. 2002).

Plus qu’un passage « d’une « Géographie de la population » à une « Géographie sociale » (Prévil, C., 2010), c’est une invitation à un décloisonnement entre les disciplines, l’essentiel de son cadre d’analyse venant de son rapprochement avec les problématiques des sciences humaines. Ce changement d’approche l’amènera à étudier la diaspora haïtienne en relation avec la pyramide sociale plutôt qu’avec la pyramide des âges ou par rapport au territoire, et à faire deux grands constats : a) les classes moyennes qui font si cruellement défaut à Haïti existent mais elles sont dans la diaspora et b) le principe moteur de l’économie nationale est devenu le flux des transferts de la diaspora.

Il refera la carte de l’émigration haïtienne. Il l’intitulera « Les Haïtiens dans le monde ». C’est en fait la carte de la diaspora haïtienne. Une comparaison de ces deux cartes illustre bien l’évolution de sa pensée sur ce sujet.

Anglade appuiera en 2002 la « loi portant privilèges accordés aux Haïtiens d’origine jouissant d’une autre nationalité et à leurs descendants », mieux connue sous le nom de loi Voltaire , qui vise à permettre aux membres de la diaspora de jouir pleinement de leurs droits économiques en Haïti, principalement en raison de l’argumentaire développé en préambule, soit :

- l’apport de la diaspora à l’économie du pays par l’aide aux parents,

- les réalisations humanitaires et sociales dans les régions les plus reculées,

- les contributions au patrimoine culturel haïtien et au rayonnement du pays dans le monde.

- c’est la pression historique au cours des décennies 1960, 1970 et 1980 qui a contraint un grand nombre à partir,

- à leur retour, ils ont été traités en étrangers,

- leur qualité d’Haïtiens d’origine est inaltérable...

La loi Voltaire ne touche pas aux questions d’ordre politique comme le droit de vote ou la double citoyenneté, questions dont le traitement nécessiterait des amendements constitutionnels. Cette loi contourne donc cette difficulté et va aussi loin que possible sans toucher à la Constitution.

En juillet 2005, Anglade fondera le Congrès mondial haïtien qui se donne pour mandat de jeter des ponts entre tous les foyers de présence haïtienne dans le monde et de fédérer la diaspora haïtienne. L’idée de base : « Jouons donc de nos avantages et re¬tournons ce qui fait notre faiblesse en force... » (Anglade, G., 2006). Ses réflexions le menèrent à la conclusion suivante :

« ... l’Haïti de la Terre-mère des 27 700Km2 n’ira nulle part toute seule, l’arrimage institutionnel avec les dix communautés haïtiennes dans le monde viendrait à point garantir une traversée moins dramatique du tricentenaire, grâce à une somme de flux à double sens, financiers et matériels, symboliques et culturels, qui seront autant de canaux de liaison entre la Terre-mère et ses communautés aux alentours tout au long du tricentenaire » (Anglade, G 2007).
Il insistera sur les atouts sérieux d’une « Haïti pensée à l’échelle de son nouvel espace dans le monde » (Anglade, G. 2008).

Il voyait l’émigration haïtienne comme une « carte maîtresse » et réfléchissait à la meilleure façon d’en faire une véritable « carte d’atout » pour le relèvement du pays. Et puis, il y eut ces trente-cinq secondes funestes...

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