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EDITO : La presse auscultée

jeudi 1er mars 2012 par Administrator

Haïti : Une réunion a bien eu lieu au palais national sur la presse. Plus précisément sur les recours contre les diffamations que la presse véhicule. C’est le directeur général du Conatel qui le confirme.
Jean-Marie Guillaume affirme même que la réunion s’est tenue à sa demande. Il avait été diffamé sur une des radios de la capitale, accusé d’avoir annulé la licence de fonctionnement de Radio Télé Timoun.

"Rien n’est vrai dans cette affaire d’annulation de licence. Ce n’est pas vrai. Pourtant, sans preuves, on m’a accusé de l’avoir fait. J’ai voulu savoir ce que la loi prévoit dans ce cas. Ainsi, une réunion a eu lieu sur ce sujet au palais national. Jamais il n’y a été question de fermer des médias ou de contrôler la presse", jure le directeur général du Conseil national des télécommunications.

"Je garantis qu’il n’y a pas d’action en préparation contre les médias", martèle-t-il. "Il y a une machine de désinformation qui produit des rumeurs de toutes sortes, je ne sais dans quel but. Dans ce cas précis, tout est faux, la licence de Radio Télé Timoun n’est ni annulée ni suspendue."

Pour rappel, Radio Télé Timoun est la propriété de la Fondation Aristide pour la Démocratie.

"Il y a tout le temps des réunions au palais national. Celle-là était sur la diffamation et les recours légaux. Il n’est pas normal que n’importe qui puisse aller à la radio et accuser qui il veut", estime le directeur général du régulateur.

Des observateurs font remarquer que le Conatel, organe technique, n’a pas de rôle politique ni de contrôle sur le contenu des médias. Cela relève plutôt des ministères de l’Intérieur et de la Culture. Autre remarque importante, le ministère de tutelle du Conatel, celui des Travaux publics, Transports et Communications semble n’avoir pas eu de représentant à la réunion.

Un avocat contacté par le journal a réagi : "Pour savoir quels sont les recours en cas de diffamation, il est plus simple de demander conseil à un homme de loi ou simplement de faire valoir son droit de réponse au média concerné. Convoquer une réunion au palais national est lourd de sens...en ces temps troublés"

Par ailleurs, le directeur Guillaume dément aussi les nouvelles qui font croire que le Conatel va doubler le nombre de radios sur la bande FM, ce qui ferait passer d’une cinquantaine à une centaine le nombre de stations de radio dans la région métropolitaine.

"Il n’y a pas de projet de ce genre pour la bande FM", garantit le directeur du Conatel.

Une telle décision des autorités, si un jour elle voit le jour, affaiblirait énormément les médias qui se partagent un maigre gâteau publicitaire et se relèvent avec peine du tremblement de terre.

"La seule économie de cette affaire serait de permettre l’attribution de fréquence à des amis du pouvoir, même si cela asphyxierait la bande FM", estime un expert du secteur.

"D’autres ont utilisé cette astuce dans le passé. La presse est restée la même : libre et diversifiée, incapable de produire les bonnes nouvelles comme elle n’invente pas les mauvaises", a conclut, désabusé mais optimiste ce vieux de la vieille qui en a vu de toutes les couleurs dans les rapports entre pouvoir et paysage médiatique en Haïti.

La presse est auscultée. Cela n’est jamais un bon présage en Haïti. Faute de bons médecins et de médicaments appropriés, la prescription est toujours un inefficace remède de cheval.

Frantz Duval

duval@lenouvelliste.com








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