CAPSULES-HAITIMONDE.COM - Les Dernières Nouvelles d’Haiti - Tout sur l’actualité haitienne - Le réseau de référence Haitimonde.com

Des changements introduits en dernière minute dans la liste des candidats agréés pour le second tour ont provoqué des remous au sein du CEP

jeudi 30 avril 2009 par Robert Benodin

Des changements introduits en dernière minute dans la liste des candidats agréés pour le second tour ont provoqué des remous au sein du CEP : le conseiller François Jasmin affirme que les modifications ont été faites sur la base de la loi électorale

Port-au-Prince, le 29 avril 2009 - (AHP) –Le conseiller électoral François Jasmin a confirmé mercredi que des modifications ont été apportées à la liste des candidats admis pour le second tour des sénatoriales partielle juste avant la publication des résultats le 27 avril.

Les partis politiques, les candidats et la population ont dû attendre lundi jusqu’à 9 heures du soir pour connaître des résultats qui avaient été promis pour la journée. Et les changement de noms au profit d’autres, intervenus en toute dernière minute, auraient provoqué des gorges chaudes parmi les conseillers dont certains ainsi que des employés étrangers du CEP n’auraient pas caché leur mécontentement, selon des sources proches de l’organisme électoral.

Mais, le conseiller Jasmin a indiqué qu’il fallait, en vertu de la loi électorale, inclure le nombre de votes recueillis pour la rubrique« Aucun candidat » dans le dénominateur, ce qui n’avait pas été le cas avant les modifications. Et ce qui a fait aussi que certains noms ont été remplacés par d’autres.

"C’était une grosse erreur de la part du centre de tabulation de n’avoir pas considéré dans le premier comptage, les votes pour « Aucun candidat » , a dit le conseiller.

François Jasmin a indiqué par ailleurs que le CEP tiendra compte des griefs exprimés lors du premier tour du scrutin, en vue de l’organisation d’un meilleur deuxième tour le 7 juin 2009.

Il a fait savoir que des structures ont été mises en place pour recevoir les contestations, après que des candidats, des responsables de partis politiques et des parlementaires eurent accusé le conseil électoral de magouilles et de falsifications de résultats.

Selon M. Jasmin, la période de doléances permettra aux contestataires de venir avec les preuves des irrégularités et des trucages dénoncés.

En ce qui concerne ceux qui menacent de ne pas valider le pouvoir des futurs élus pour cause d’illégitimité, il a precisé que le mandat des conseillers électoraux est d’organiser les élections et de proclamer les résultats et que la question relative à la validation des pouvoir des élus « n’est pas notre problème à nous ».

Le ministre de l’Intérieur dément que des fonds spéciaux aient été débloqués pour financer les candidats du parti présidentiel L’Espoir

Port-au-Prince, le 29 avril 2009 - (AHP) – Le ministre de l’intérieur et des collectivités territoriales, Paul Antoine Bien Aimé a rejeté mercredi les allégations selon lesquelles des fonds affectés aux collectivités territoriales auraient été décaissés pour financer la campagne des candidats du parti présidentiel « Lespwa ».

Paul Antoine Bien Aimé s’exprimait au terme d’une rencontre à huis clos avec la commission Justice et sécurité publique du Sénat sur un fonds de 1 milliard de gourdes que gèrerait le Ministère de l’Intérieur pour les collectivités territoriales.

C’est de ces fonds qu’auraient été tirées des montants pour financer la campagne de certains candidats au sénat, avait indiqué mardi le président de la commission justice du sénat, Youri Latortue.

M. Bien Aimé a opposé un démenti à ces accusations, mais a confirmé que son ministère avait reçu le 17 avril dernier 7 millions de gourdes qu’il avait redistribuées à part égale, a-t-il dit, aux candidats à travers leurs partis politiques pour financer leur campagne.

Le premier tour des sénatoriales partielles a été organisé le 19 avril soit deux jours après le décaissement de ces fonds, et a été marqué par un très faible pourcentage de participation des électeurs.

Aucun candidat n’est sorti vainqueur de ce premier tour. Le CEP a publié une liste provisoire des candidats habilites à participer au second tour fixé au 7 juin.


Une délégation de la FBDM en Haïti à l’initiative de la Convention des Partis Politiques haïtiens pour des échanges sur le rôle des partis politiques dans la construction de la démocratie

Port-au-Prince, le 29 avril 2009 - (AHP) – Une délégation de la Fondation Bolivarienne pour la Démocratie Multipartite (FBDM) arrivé le 27 avril à Port-au-Prince, a plaidé mercredi en faveur d’une collaboration Sud-Sud

Le président de la FBDM, Carlos Bohrt Irahola, a estimé qu’une telle collaboration permettra un partage des préoccupations, des expériences mais aussi de continuer de discuter sur les défis auxquels les plateformes et regroupements de partis sont appelés à confronter.

La délégation est en Haïti à l’initiative de la Convention des Partis Politiques haïtiens (CPPH) qui l’a invitée à échanger avec les politiques haïtiens sur le rôle des partis politiques dans la construction de la démocratie.

"Cette visite s’inscrit dans le cadre de partenariat entre les acteurs politiques des deux pays en vue du renforcement de la démocratie de part et d’autre", a dit M. Irahola

Pour sa part, le président de la CPPH, Victor Benoît a fait savoir que le séjour en Haïti de la délégation bolivienne contribuera au renforcement de la Convention des Partis Politiques Haïtiens.

Victor Benoît estime que la CPPH et la FBDM partagent beaucoup de points en commun notamment leur intérêt pour le renforcement de la pratique démocratique au sein des partis politiques dans leurs relations entre eux et avec l’Etat.

La délégation quitte le pays ce 30 avril.

L’auteur d’un important vol au préjudice d’une banque commerciale privée de la place appréhendé 3 ans après le forfait

Une arrestation qui lève le voile sur les activités d’un vaste réseau de producteurs et de vendeurs de marijuana

mercredi 29 avril 2009,

Radio Kiskeya

Le nommé Yvens Ulysse a été appréhendé à Delmas (Est de Port-au-Prince) le 21 avril dernier pour vol et détention illégale de marijuana.

Ulysse était activement recherché pour vol au préjudice d’un particulier et d’une banque commerciale privée de la place, avec la complicité d’au moins un employé de cette banque encore en cavale. Les deux compères furent des condisciples dans une école congréganiste de Port-au-Prince réputée pour la qualité de l’enseignement qui y est dispensé.

Les recherches, conduites par le Bureau des Affaires Financières et Economiques (BAFE), une branche de la Direction Centrale de Police Judiciaire (DCPJ), ont duré 3 ans. Elles se poursuivent concernant le 2ème larron qui a favorisé l’accès à au moins un compte bancaire qui a été allégé de plusieurs milliers de gourdes.

Pour les besoins de l’enquête et afin de ne pas porter atteinte à la stabilité du système bancaire, la police s’est gardée de fournir des précisions sur la banque concernée et le montant exact de la somme détournée.

Au moment de son arrestation, Yvens Ulysse était en possession d’environ 80 petits paquets de marijuana. D’autres ont été retrouvés en sa résidence lors d’une perquisition ayant suivi l’arrestation, informe une source proche du BAFE.

Des déclarations que le prévenu aurait faites devraient permettre à la police d’ouvrir une enquête sur un vaste réseau de producteurs et de distributeurs de marijuana ayant des ramifications jusque dans le département du Sud. [jmd/RK]

Les Etats-Unis renvoient en Haïti l’ex-président du Sénat sous Aristide, Fourel Célestin

Enquête en Floride sur l’ancien président Jean Bertrand Aristide qui « aurait reçu de l’argent provenant de la drogue »

mercredi 29 avril 2009,

Radio Kiskeya

L’ancien président du Sénat haïtien et ex-médecin militaire, Jean-Marie Fourel Célestin, a été ramené mercredi à Port-au-Prince suite à la décision des Etats-Unis de le déporter.

L’ancien sénateur contesté a été remis à des membres de la Direction Centrale de Police Judiciaire (DCPJ) qui l’ont conduit à leur quartier général situé non loin de l’aéroport international de Port-au-Prince.

A l’instar de nombreux autres proches collaborateurs de l’ancien président Jean Bertrand Aristide, Jean Marie Fourel Célestin était incarcéré aux Etats-Unis depuis mai 2004 pour implication dans le trafic illicite des stupéfiants.

Alors qu’il était recherché par la police haïtienne et les services anti-drogue américains, il s’était volontairement rendu à ces derniers fin mai 2004 à l’ambassade des Etats-Unis à Port-au-Prince. Remis aux agents de la Drug Enforcement Administration (DEA) alors présents, il avait été immédiatement embarqué dans un avion en partance pour la Floride.

L’ancien chef de la police sous Jean Bertrand Aristide, Jean Nesly Lucien, le responsable de la sécurité rapprochée de l’ancien président, Oriel Jean, et un autre haut gradé de la police haïtienne, Roudy Thérassan, étaient également détenus en Floride pour implication dans le trafic de drogue vers les Etats-Unis à partir d’Haïti.

Jacques Kétan, un puissant trafiquant de drogue réputé proche d’Aristide, fut parmi les premiers à avoir été appréhendés et extradés aux Etats-Unis. Il y purge encore une lourde peine.

L’attorney général de l’Etat de Floride a ordonné l’ouverture d’une enquête sur Jean Bertrand Aristide « soupçonné d’avoir perçu de l’argent issu du trafic illicite de stupéfiants », informe le quotidien américain « Miami Herald ». [jmd/RK]

Comment Jean-Bertrand Aristide présidait au trafic de drogue en Haïti

Le Monde Posté le : jeudi 1er avril 2004

Port-au-Prince de notre envoyé spécial

Jean-Michel Caroit

L’inculpation reste une menace pour l’ancien président.

"Il m’a trahi, comme Judas a trahi Jésus." C’était le 25 février, quatre jours avant la fuite du président haïtien Jean-Bertrand Aristide. Peu avant d’être condamné à 27 ans de prison et 30 millions de dollars d’amende par un tribunal fédéral à Miami, Beaudoin "Jacques" Kétant accusait M. Aristide d’être le "parrain" du trafic de drogue en Haïti.

Propriétaire d’une maison évaluée à 8 millions de dollars à Vivi Michel, sur les hauteurs surplombant Port-au-Prince, exhibant des toiles de Picasso et de Monet, M. Kétant a reconnu avoir distribué plus de 40 tonnes de cocaïne colombienne aux Etats-Unis depuis une douzaine d’années. "Le patron, c’était Aristide. Je l’ai payé durant des années. Il fallait le payer, sinon on mourait", a-t-il déclaré devant le tribunal. Partenaire des principaux cartels colombiens de Medellin, de Cali et du Norte del Valle, Beaudoin "Jacques" Kétant avait
débuté dans le trafic avec le colonel Michel François, l’un des "cerveaux" du coup d’Etat qui avait renversé Jean-Bertrand Aristide en septembre 1991. Cet ancien chef de la police est réfugié au Honduras, un pays qui n’a pas de traité d’extradition avec les Etats-Unis.

M. Kétant avait noué d’étroites relations avec le président Aristide depuis leur rencontre, en 1998, par l’intermédiaire d’un autre trafiquant. Il le qualifiait de "compadre" (compère), une expression amicale commune en Amérique latine. Beaudoin Kétant affirme qu’il lui versait environ 500 000 dollars par mois pour l’usage exclusif de la Nationale 9, où la police interrompait le trafic pour permettre l’atterrissage des avionnettes chargées de cocaïne. M. Kétant cotisait aussi environ 500 000 dollars par an à la Famille Lavalas, le parti présidentiel, et envoyait régulièrement des sommes importantes à la Fondation Aristide pour la démocratie, selon son témoignage recueilli en prison par l’intermédiaire de son avocat, Ruben Oliva.

AUTORITÉS CORROMPUES
=======================

En février 2003, un jeune frère de Beaudoin Kétant, Hector, est tué à son domicile lors d’une descente de la Brigade de recherche et d’intervention (BRI). "Aristide avait besoin d’argent pour financer le carnaval. D’habitude, il prenait 30 %, mais, cette fois, il voulait 80 % sur une grosse cargaison, plus de 700 kg. La négociation a mal tourné et Rudy Thérassan a tiré sur Hector et l’un de ses gardes du corps, Hermann Charles", selon un témoin. Aujourd’hui réfugié à Miami où il travaille pour la DEA (le service antidrogue américain), le chef de la BRI, Rudy Thérassan, était au cœur du dispositif mis en place pour
"taxer" le trafic de drogue.

En mai, Beaudoin "Jacques" Kétant et ses gardes du corps provoquent un scandale à l’Union School, le très chic collège bilingue de Port-au-Prince, où l’un de ses fils côtoie les enfants des diplomates américains. Outrée, l’ambassade des Etats-Unis proteste directement auprès du président Aristide, qui s’efforce alors d’obtenir la reprise de l’aide internationale, gelée depuis la crise post-électorale de 2000. Le 17 juin, M. Kétant est convoqué au palais présidentiel où il est, selon ses termes, "kidnappé" et livré à cinq
agents de la DEA, l’Agence américaine de lutte contre le trafic de drogue. Menotté, il tente de s’enfuir sur le tarmac de l’aéroport de Port-au-Prince avant d’être emmené à Miami. "Peu après avoir livré Kétant, Aristide a obtenu la reprise des financements de la Banque interaméricaine de développement", note un diplomate.

Depuis des années, les rapports officiels américains notent qu’Haïti "est une plateforme importante de transbordement de la cocaïne sud-américaine vers les Etats-Unis" et décrivent la corruption des autorités, qui permettent aux trafiquants d’opérer sans encombre. La presse américaine a publié de nombreux articles sur ce sujet. Il y a deux ans, le Wall Street Journal citait Mario Andrésol, ancien directeur de la police judiciaire haïtienne, qui s’était exilé : "Les trafiquants travaillent avec Aristide... Des personnes que j’ai
arrêtées pour trafic de drogue ont été promues au sein de la polic."

"Il est difficile d’imaginer qu’Aristide ne participait pas à cette activité criminelle extrêmement lucrative", a déclaré récemment à une chaîne de télévision l’ancien général Barry McCaffrey, responsable de la lutte antidrogue du président Bill Clinton. Outre M. Kétant, une cinquantaine d’autres trafiquants haïtiens sont sous les verrous aux Etats-Unis.

L’un d’eux, Eliobert Jasmé, surnommé "Ed1", du nom de son entreprise de construction, a jusqu’à présent refusé de parler et a choisi le même avocat que l’ancien président panaméen Manuel Noriega, Me Frank Rubino. Mais d’autres se sont mis à table. Carlos Ovalle, un trafiquant colombien qui a longtemps résidé en Haïti, a ainsi accepté de coopérer avec les autorités américaines.

RÉUNION D’URGENCE
============================

La récente arrestation à Toronto d’Oriel Jean, ancien chef de la sécurité présidentielle, est encore plus menaçante pour M. Aristide. Envoyé aux Etats-Unis, Oriel Jean a été inculpé pour trafic de cocaïne par le tribunal fédéral de Miami. Selon un informateur de la DEA, un ancien trafiquant de drogue haïtien, Oriel Jean prélevait 50 000 dollars sur chaque cargaison de cocaïne qui arrivait par avion en Haïti.

"Les Américains savaient parfaitement ce qui se passait. Je leur ai personnellement transmis des informations qui n’ont pas eu de suite. Ils connaissaient l’importance du narcotrafic dans l’économie haïtienne. Mon impression est qu’ils préféraient fermer les yeux pour ne pas devoir prendre en charge Haïti", confie un général à la retraite de la République dominicaine voisine. Dès la fin des années 1990, plusieurs de ses informateurs dans la zone
frontalière lui avaient indiqué que les trafiquants versaient un "péage" à la Fondation Aristide.

Pour Washington, la principale menace venant des grandes Antilles est l’immigration illégale. L’attaque de la base navale de Killick par un groupe de "chimères", les partisans armés de l’ancien président haïtien, a été l’un des éléments décisifs qui a poussé le gouvernement américain à demander, peu après la France, le départ de M. Aristide. Située à la sortie sud de Port-au-Prince, cette base des garde-côtes a pour mission principale de contrôler les boat people. L’attaque a provoqué une réunion interministérielle d’urgence à

la Maison blanche, le 27 février, au cours de laquelle le plan de la Communauté des Caraïbes (Caricom), prévoyant le maintien du président Aristide au pouvoir jusqu’au terme de son mandat, en 2006, a été abandonné par Washington.

Pour les Américains, le dossier drogue arrive en deuxième position après le risque d’une arrivée massive de réfugiés, et il est souvent utilisé comme un moyen de pression, voire de chantage. Plusieurs membres de l’administration Bush sont partisans d’une inculpation rapide de Jean-Bertrand Aristide pour trafic de stupéfiants. La récente suspension de son visa américain pourrait être un premier pas. D’autres préfèrent conserver cette arme comme une
épée de Damoclès. "Plus il ouvre la bouche, plus l’inculpation se rapproche", dit un fonctionnaire qui travaille sur le dossier.

Jean-Michel Caroit

A Port-au-Prince, "tout le monde savait"

Dans un discours d’une rare franchise, le 9 juillet 2003, l’ambassadeur des Etats-Unis à Port-au-Prince, Brian Dean Curran, en fin de mission, dénonce la tolérance de la société haïtienne à l’égard du trafic de drogue. "Les trafiquants sont bien connus. Ils s’approvisionnent dans vos magasins ; vous leur vendez des maisons ou leur en construisez de nouvelles ; vous prenez leurs dépôts ; vous éduquez leurs enfants", lance-t-il aux membres, pétrifiés, de la chambre de commerce américaine d’Haïti, l’élite économique du pays. "En Haïti, les trafiquants n’avaient pas besoin de se cacher. Tout le monde savait", confirme un diplomate. Tout le monde, à commencer par les Américains. Pourquoi n’ont-ils pas utilisé ce dossier contre Jean-Bertrand Aristide, comme ils l’avaient fait contre Manuel Noriega, l’ancien président du Panama qui croupit dans une prison de Miami depuis 1989 ?

Audio : On prête à René Préval des relations avec les milieux de la drogue.

Invité de la mi-journée Paul Cozigon Membre du secrétariat international du Parti socialiste

Radio France Internationale

écouter 06 min télécharger

http://www.rfi. fr/player/ player.asp ? ancien=True&Player=Win&Stream=http: //mfile.akamai. com/29449/ wmv/rfi1. download. akamai.com/ 29449/archives/ mere/ftp/ Audio/Francais/ R074/inv_ midi20060216. asx&iframe=http: //www.rfi. fr:80/statiques/ playerAudioPageD escDefaut. asp&video=rfi/mere/ ftp/Audio/ Francais/ R074/inv_ midi20060216&s2=11&s=220569

« En Haïti, les pressions internationales ont dû être énormes sur le conseil électoral provisoire, pour qu’il n’y ait pas de deuxième tour par peur de troubles venus des quartiers populaires. »

En Haïti, un peu plus de 51% des voix pour René Préval, finalement déclaré vainqueur de la présidentielle du 7 février, à l’issue du 1er tour. Résultat basé sur un nouveau calcul des votes blancs, par la commission électorale que 8 des 9 membres ont validé.

par Raphaël Ebenstein

[16/02/2006]

Assises criminelles : Un policier condamné à vie, un autre acquitté
James Bourdeau reconnu coupable de la disparition, en 2005, de Nathanaëlle Génélus dans une affaire liée à de gros intérêts financiers

mercredi 29 avril 2009,

Radio Kiskeya

Dans le cadre des assises criminelles sans assistance de jury, le tribunal criminel de Port-au-Prince a condamné mercredi à perpétuité le policier James Bourdeau, 35 ans, pour sa responsabilité dans la disparition en 2005 de Nathanaëlle Génélus, un ancien employé de la banque commerciale Unibank.

A l’issue du procès, un autre agent de la Police Nationale, James Fragé, 37 ans, a été acquitté pour insuffisance de preuves. Une intervention de son avocat, Joseph Claudet Lamour, lui a permis de regagner son domicile sans même avoir à attendre en prison son ordre de libération.

Une nouvelle directive du parquet de Port-au-Prince autoriserait la libération en dehors des formalités administratives habituelles de tout accusé contre qui aucune charge n’est retenue.

Quant à James Bourdeau, il a été reconnu coupable du sort mystérieux réservé à Nathanaëlle Génélus, brièvement interpellé le 2 août 2005 à Delmas 93 (est de Port-au-Prince) peu après avoir effectué une importante transaction bancaire. Depuis ce jour, ses parents, pas plus que ses plus proches amis, n’ont jamais eu aucune nouvelle de ce jeune homme de 31 ans.

Protestant de son innocence durant tout le procès mardi et mercredi au Palais de justice de la capitale, le condamné, qui était affecté au sous-commissariat de Delmas 62, a tout de même reconnu avoir procédé lui-même à l’arrestation de la victime.

Au moment des faits qui avaient défrayé la chronique, James Bourdeau avait pris la fuite et n’avait été capturé que lors d’une opération policière à Camp Perrin (Sud) où il s’était retranché. Se présentant comme la victime d’un complot ourdi à la Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ), le policier soutient qu’il s’était rendu dans le Sud afin de pouvoir retrouver Nathanaëlle Génélus où il se serait mis à couvert. C’était, selon lui, le seul moyen de prouver à la justice et à l’opinion publique son innocence dans cette affaire.

La famille du disparu s’inscrit aujourd’hui encore en faux contre l’hypothèse laissant croire que Génélus aurait quitté le pays précipitamment.

Au moment où des agents pénitentiaires reconduisaient son client en taule, l’avocat de Bourdeau, Jacques Lochard, a refusé de commenter au micro des journalistes le verdict du tribunal criminel. spp/Radio Kiskeya

Gérard Gourgues est sceptique vis-à-vis du processus électoral

30 avril 09, Métropole

L’éminent juriste Gérard Gourgues croit que le pays est en train de vivre des moments de traumatisme après la publication des résultats du scrutin du 19 avril. M. Gourgues estime que la campagne de boycottage de Fanmi Lavalas et la faible popularité des candidats peuvent être considérées comme les principales causes du faible taux de participation des électeurs.

Selon le juriste la déclaration du chef de l’état avant le scrutin peut être considéré comme un coup au processus électoral. Le président Préval avait indiqué que le vote n’est pas obligatoire en Haïti.

Intervenant à la rubrique " Invité du jour " de radio Métropole Maître Gourgues a soutenu que les résultats des sénatoriales partielles sont contestables. Il fait remarquer que même des candidats de Lespwa et de l’Ucadde ont formulé des contestations dans les médias.

En raison des nombreuses irrégularités et de la faible affluence lors des joutes, Gérard Gourgues souhaite que le processus soit reconsidéré. Il croit que Lespwa se prépare à réaliser un raz-de-marée s’il n’y a pas de contrôle dans le processus de vote. " Le spectacle du second tour sera pire", argue M. Gourgues prévoyant une plus forte abstention.

L’ancien bâtonnier de l’ordre des avocats de Port-au-Prince insiste sur la validation des pouvoirs, qui constitue un examen final pour un élu. Interrogé sur la procédure de validation, Maître Gourgues explique qu’elle permet de vérifier l’élection d’une personne.

La procédure de validation a toujours existé dans les constitutions haïtiennes de 1889 à 1987 explique le juriste invitant les sénateurs à respecter les prescrits constitutionnels. Gérard Gourgues indique que seuls les sénateurs en fonction ont la qualité de voter lors de la séance de validation des pouvoirs.

LLM

Légère hausse du prix de l’essence à la pompe.

30 avril 09, Métropole

Le prix de l’essence à la pompe à augmenter en Haïti. Le ministère de l’économie et des finances l’a confirmé dans un communiqué de presse en date du 23 avril. La gazoline 95 passe de 134 gourdes le gallon à 151 gourdes.

La gazoline 91 de 127 à 146 gourdes. Le gasoil de 85 à 95 gourdes. En ce qui concerne le kérosène le nouveau prix est de 89 gourdes le gallon contre 79 gourdes.

Refusant de subventionner les prix des produits pétroliers, les autorités gouvernementales avaient récemment baisé les prix de ces produits sur le marché local .

La baisse du prix de la gazoline était en effet liée à la chute du baril de pétrole sur le marché international.

« Les prix augmenteront sur le marché local tant qu’ils subiront des hausses sur le marché international », avait déclaré le ministre de l’économie et des finances.

A signaler que Le pétrole était en hausse ce mercredi à new York.

RHD

La Rivière Rouyonne submerge la Commune de Léogâne

Jeudi, 30 Avril 2009 Signal FM

La saison pluvieuse n’a pas encore débuté, déjà d’importants dégâts sont enregistrés dans diverses communes du pays.

L’une des communes les plus touchées est Légane dont une bonne partie se trouve sous les eaux depuis hier vers 9 heures du soir en raison de la crue de la Rivière Rouyonne.

La circulation est totalement paralysée, selon ce qu’a indiqué le député de la 1ère circonscription de Léogâne, qui précise en outre que de nombreuses têtes de bétail ont été emportées et plusieurs maisons endommagées.

Jean Anthony Dumont a également fait savoir que des gens ont dû percher sur le toit de leur maison pour éviter d’être emportés par les eaux qui se font de plus en plus menaçante.

La situation est alarmante au point que le parlementaire demande aux autorités de décréter l’état d’urgence a d’un autre côté critiqué le Premier Ministre Michèle Duvivier Pierre-Louis qui, déclare-t-il, n’est pas joignable au téléphone.

Un colloque de plus sur la corruption

Jeudi, 30 Avril 2009 , Signal FM

A l’initiative du Centre des Parlementaires Canadiens, a débuté ce mercredi à Port-au-Prince un colloque sur la corruption.

Réalisée de concert avec l’Institut de la Banque Mondiale et l’Initiative de la Société Civile, cette activité de 2 jours est au bénéfice de certains hauts cadres de la fonction publique et des responsables des institutions de l’Etat œuvrant dans le domaine de la lutte contre la corruption.

« L’idée est de réfléchir sur une stratégie permettant de lutter contre la corruption et de parvenir à une plus étroite collaboration entre les parlementaires, les responsables de la fonction publique et la société civile en vue de lutter efficacement contre ce fléau », si l’on en croit les précisions du Directeur exécutif de l’Initiative de la Société Civile, Rosny Desroche.

Paul Antoine Bien-aimé rencontre les membres de la Commission justice et sécurité, mais ne les convainc pas

Jeudi, 30 Avril 2009, Signal FM

Le Ministre de l’Intérieur et des Collectivités Territoriales a répondu aux questions des membres de la Commission Justice Police et Sécurité Publique au Sénat de la République ce Mercredi autour de l’utilisation des Fonds de Gestion et de Développement des Collectivités Territoriales (FGDCT)

Paul Antoine Bien-aimé devait faire toute la lumière sur les allégations selon lesquelles ces fonds auraient été utilisés pour financer la campagne des candidats de la Plateforme Lespwa.

M. Bien-aimé a souligné à l’attention des sénateurs que les 100.000 gourdes accordées aux candidats ne provenaient pas des FGDCT.

« Elles étaient tirés d’un montant de 7 millions de gourdes que le Ministère des Finances avaient transféré sur le compte du Ministère de l’Intérieur afin de financer tous les candidats », a précisé le sociologue qui qualifie de « très constructive » cette rencontre

Outre le mécanisme de gestion de ces fonds, Paul Antoine Bien-aimé a déclaré que d’autres questions telles l’architecture de la décentralisation et la construction des hôtels communaux étaient au centre des discussions.

A l’issue de cet entretien, le président de ladite commission a estimé que les explications du titulaire du MICT n’étaient pas satisfaisantes dans la mesure où elles n’étaient pas accompagnées de « documents justificatifs ».

Toutefois, Youri Latortue admet que la lettre adressée à cette fin au Ministre par le président du bureau, Kelly C. Bastien, n’était pas assez explicite

Au terme des discussions, les 2 parties ont convenu de s’entretenir à nouveau le 13 mai.

Haïti : Le ministre de l’Intérieur n’a pas tremblé

Le Nouvelliste

Le ministre de l’Intérieur et des Collectivités territoriales, Paul Antoine Bien Aimé, a répondu mercredi à une convocation de la Commission Justice du Sénat. Chef de parti, Youri Latortue, président de ladite Commission, est toujours remonté contre « le financement douteux de la campagne électorale ».

« Les sept millions de gourdes transitées sur notre compte par le ministère de l’Economie et des Finances ont été distribués équitablement aux candidats », a expliqué le ministre de l’Intérieur et des Collectivités territoriales. Paul Antoine Bien Aimé a nié que l’institution qu’il dirige ait décaissé des fonds supplémentaires au profit des candidats de Lespwa, principal gagnant du premier du scrutin du 19 avril. Sur les 12 postes à pourvoir (en attendant l’élection dans le Plateau central), la plateforme présidentielle dispose de 9 candidats en lice pour le second tour.

La décision de financer à hauteur de 100 mille gourdes la campagne de chacun des candidats inscrits sous la bannière d’un parti politique aux récentes sénatoriales partielles, a-t-il déclaré, a été prise lors d’une réunion au Palais présidentiel. Ce n’est que le 17 avril, soit deux jours avant le scrutin, que le ministère de l’Economie et des Finances a renfloué le compte du ministère de l’Intérieur.

Chef de file d’Ayiti an aksyon et président de la Commission Justice et Sécurité du Sénat, Youri Latortue et plusieurs autres chefs de partis sont toujours remontés contre des fonds et des équipements de l’Etat haïtien qui auraient été mis à la disposition des candidats de Lespwa. Le ministre de l’Agriculture, Joanas Gué, se démène comme un diable dans un bénitier pour défendre son intégrité dans cette affaire non encore élucidée. Des rapports détaillés du ministre de l’Intérieur sont attendus au Sénat qui les examinera lors d’une nouvelle séance fixée au 13 mai 2009.

« Projets bidon », connais pas !

Le ministre Bien Aimé n’a pas nié que des projets bidon pourraient avoir été financés par son ministère à partir des fonds des collectivités territoriales. « Nous traitons des demandes de financement de quelque 570 CASEC (Conseil d’administration de section communale). Il se peut bien que des "projets bidon" soient financés, mais nous travaillons à l’amélioration des modalités de gestion », a concédé le ministre. Heureusement, a-t-il ajouté, les CASEC commencent à jouir de leur autonomie.

Certains opposants des candidats de Lespwa persistent à dire que des élus locaux ont reçu des financements pour des « projets bidon » afin de garantir l’élection des candidats de Lespwa ». Des ONG sont aussi mises à l’index dans le financement, à peine voilé, des candidats de Lespwa dans le Nord et dans le Sud-est du pays. « La séance d’aujourd’hui est une étape. Nous attendons les rapports détaillés du ministère de l’Intérieur et des Collectivités territoriales », a conclu le sénateur Youri Latortue dont le parti n’a qu’un candidat ayant franchi le seuil du premier tour.

Claude Gilles

Haïti : Les candidats lésés fuient-ils le BCED ?

Le Nouvelliste

Tandis que des voix, dont celles des responsables de parti politique et de certains candidats, s’élèvent dans la presse pour contester les résultats des sénatoriales partielles du 19 avril, proclamés lundi dernier, au Bureau électoral départemental (BED) de l’Ouest, on n’a rien enregistré 72 heures après.

Le cahier de doléances du Bureau du contentieux électoral départemental (BCED) de l’Ouest reste encore vierge, 48 heures après l’ouverture officielle de la période des contestations relatives aux résultats des sénatoriales partielles du 19 avril. « Aucun candidat ne fait, jusqu’ici, acte de présence pour contester ces élections », révèle Jaccillon Barthélémy, président du Bureau électoral départemental (BED) de l’Ouest, qui, en attente derrière son bureau, en discutait avec ses collègues ce mercredi à la mi-journée. « C’est presque la même situation dans les autres départements géographiques du pays », indique une source proche du Conseil électoral provisoire (CEP) qui ne disposerait pour l’instant aucune information exacte à ce sujet.

Depuis le mardi 28 avril, des responsables de parti politique et des candidats, se sentant lésés, se sont déjà prononcés dans la presse. Ils protestent à vive voix contre ces résultats pour lesquels le temps des contestations - contrairement à ce que prévoit l’art. 178 de la loi électorale du 25 juillet 2008 - a été ouvert 24 heures après la proclamation officielle par le CEP. Certains d’entre eux ont même envisagé d’entreprendre à un plus haut niveau des démarches judiciaires. C’est le cas de Marie-Denise Claude qui, candidate dans le département de l’Ouest sous la bannière de la Fusion et arrivée en troisième position avec ses 10,65% de voix, menacerait de poursuivre en justice l’institution électorale. Celle-ci précise, entre-temps, qu’il n’y a eu aucune possibilité de commettre une fraude électorale vu la « fiabilité du système informatique » mis en place.

Même Joseph J. Jasmin dont le parti, Lespwa, se trouve en tête de liste avec un candidat dans chacun des neuf départements, n’écarte pas la possibilité de contester, malgré tout, ces résultats. Joint au téléphone, M. Jasmin a indiqué, sans fournir trop de précisions, qu’une réunion a été prévue hier mardi entre les membres du directoire du parti, puis ce mercredi entre le conseil juridique de quatre avocats et les candidats eux-mêmes pour savoir s’il ne faudrait pas « entamer un processus de contestation auprès des instances concernées ». « Les résultats sont peu satisfaisants, estime le ministre chargé des Relations avec le Parlement. Nous avons voulu obtenir onze places car nous avons considéré nos candidats comme des gagnants, mais nous n’en avons gagné que neuf. »

Des qualificatifs négatifs attribués à ces élections

Alors que les conseillers électoraux se sont félicités d’avoir organisé, disent-ils, des élections honnêtes, des dirigeants de parti politique attribuent plusieurs qualificatifs négatifs aux résultats du premier tour. Si Marc L. Bazin, responsable du Mouvement pour l’instauration de la démocratie en Haïti (MIDH), qualifie ces résultats de « dérive électorale », Evans Paul de l’Alyans estime, quant à lui, qu’il s’agit d’une comédie. « Ces résultats ne sont que la continuité d’une vaste comédie de plusieurs actes », proteste-t-il en se penchant sur le mode d’organisation vertement critiqué de ces élections. Le déclenchement du processus électoral, le déroulement du scrutin du 19 avril et la proclamation des résultats sont, selon lui, les trois actes de cette comédie dont le dénouement est difficile à prédire, mais annonce toutefois une profonde crise. Une crise que prévoit et craint également l’ex-colonel Himmeler Rébu, responsable du GREH, pour qui ces résultats n’ont rien d’étonnant.

Tout comme Fanmi Lavalas, évincé de la course électorale pour cause de mandat non authentique, l’Alyans réaffirme clairement sa position. « Il faut ignorer ces élections », précise Evans Paul dont le parti, à l’instar de celui de M. Rébu, n’a pas participé à ces élections sénatoriales partielles qualifiées de "sélection". Se disant favorable à des élections démocratiques, M. Paul invite les autorités à entamer des discussions en vue d’« élaborer un agenda électoral réaliste » basé, entre autres, sur la quantité d’argent raisonnable à dépenser, le délai imparti et la méthode fiable à appliquer pour organiser ces élections.

Le CEP déterminé en dépit de tout

Aucun signe ne montre que les conseillers électoraux prendront en compte les propositions d’Evans Paul, allias « K-plim ». Même si aucune date n’est encore fixée pour la reprise de ces élections dans le Plateau Central où elles ont été annulées pour des raisons de sécurité, le CEP donne toutefois la garantie que le second tour des sénatoriales partielles pour le renouvellement le tiers du Sénat se tiendra le 7 juin prochain. Et ce, en dépit du fait que le parlementaire lavalassien Yvon Buissereth réclame l’arrestation des conseillers électoraux pour avoir gaspillé, a-t-il déclaré sur plusieurs stations de radio, les 16 millions de dollars américains décaissés pour organiser ces élections législatives.

Seulement 2,9% de 1 million 684 mille 525 électeurs, dont 41 688 avaient fait leur choix et 3 243 avaient coché la case « Aucun candidat », prenaient le chemin des urnes dans le département de l’Ouest le dimanche 19 avril 2009. Sur un total de 3 millions 752 mille 100 électeurs inscrits sur la liste électorale pour les neuf départements, seulement 443 mille 616 d’entre eux avaient décidé de remplir leur devoir civique. Dans l’ensemble, un taux de participation de 11,3% a été enregistré. Ces chiffres vont-ils augmenter au second tour du scrutin ? Une chose certaine, les citoyens devront élire, dans un mois environ, 12 parmi les 22 candidats restants dans la course électorale dans laquelle il y avait 78 prétendants pour les dix départements géographiques du pays. Entre-temps, le débat concernant la validation des pouvoirs des 12 prochains élus, tout comme les résultats du premier tour, se poursuit dans la presse.

Quelques extraits de la Loi électorale du 25 juillet 2008

De la contestation des résultats

Article 178 - Un candidat ou son mandataire peut contester, dans les soixante-douze (72) heures qui suivent l’affichage des résultats prévu à l’article 174.2, l’élection d’un autre candidat :
a) si le vote, le dépouillement du scrutin ou la rédaction des procès-verbaux ont été fait de façon irrégulière et non conforme à la présente Loi
b) s’il y a eu des fraudes électorales

Du Centre de tabulation et de la publication des résultats

Article 174.2- Le directeur général, après avoir reçu du directeur des Opérations électorales les résultats des élections, les transmet au Conseil électoral permanent pour leur affichage dans les BED et les BEC et leur publication dans la presse

Victor Jean Junior
victorjeanjunior@lenouvelliste.com

Haïti : Roger Mercier, le marxisme et les classes moyennes II
(Lire le premier article sur ce thème dans le numéro 38046

Le Nouvelliste

"Mercier, jusqu’à la fin lui aussi, revendiquera son droit à une interprétation personnelle des thèses de Marx, ce qui est la première qualité d’un marxiste. La gauche haïtienne ne reconnaît pas à un Haïtien, fut-il mulâtre, le droit de contredire un maître blanc, fut-il Marx, le champion de la liberté intellectuelle. La gauche condamne la thèse de Mercier sur les classes moyennes et y voit un prétexte inventé pour s’acoquiner avec Duvalier".

Former de jeunes idéalistes pour rester en vie sous un régime comme celui de Duvalier, enseigner à de jeunes patriotes épris de marxisme que cette doctrine n’est pas exclusive aux opposants et les éloigner ainsi de l’obsession de la lutte armée comme unique option contre le duvaliérisme, demeure une entreprise louable et digne d’un vrai chef. Ma seule rage contre Mercier, c’est qu’il n’a pas fait de nous des cadres tant dans l’armée régulière que dans les forces spéciales, les Léopards. Nous aurions pu, peut-être, épurer l’armée d’Haïti, sauver Aristide contre lui-même et éviter ce gâchis et cette honte onusienne, pour le même coût social, mais avec des résultats plus virils.

Comment naît le PCH (Parti Communiste haïtien) ?

1932. Jacques Roumain fonde le premier parti socialiste haïtien. Deux ans plus tard, à la fin de l’occupation américaine, le socialisme haïtien connaît sa première scission, et le PSP (Parti Socialiste Populaire) de Roumain devient PEP (Parti d’Entente Populaire) et PPLN (Parti Populaire de Libération Nationale)... Mercier reste en dehors de cette division. Roumain est empoisonné en 1944...

Lescot tombe en 1946. Les classes moyennes reprennent le pouvoir perdu depuis 1915 avec l’assassinat du président Vilbrun Guillaume Sam, décapité par qui de droit pour provoquer l’occupation. Mercier, jusque-là en retrait, fonde le PCH en 1947 avec le pasteur Dorléan Juste Constant, et n’a jamais lâché les « élites noires » revenues au pouvoir. (La fondation du PCH et sa ligne politique sont dénoncées dans le journal du mouvement syndical dirigé alors par Ulrich Joly). Mercier fréquentait Dumarsais Estimé et a connu Duvalier comme ministre du Travail bien avant leur séjour commun dans le maquis à Duchiti sous Magloire. L’alliance politique entre Duvalier et Mercier ne fut qu’une formalisation de la coexistence qui a existé entre la gauche- tous cénacles confondus- et le pouvoir noir depuis 1946. Et aujourd’hui, il importe de se demander pourquoi, de tous les marxistes qui ont collaboré avec Estimé, Mercier ait été le seul à prendre le maquis parce que persécuté par Magloire ? Et qui invita qui à Duchiti, Mercier ou Duvalier ?

Plus tard, lorsque le PEP, le PPLN, et le PUDA se fusionnèrent en PUCH (Parti Unifié des Communistes Haïtiens) et obtinrent l’appui formel de Moscou, Duvalier trouva le prétexte rêvé pour négocier les têtes de ses militants avec Washington. Mercier et ses ouailles sont épargnés. La gauche enrage. De plus, Moscou, Vatican des marxistes haïtiens jusqu’à la fin, condamnait les classes moyennes par fidélité au Christ Marx. Mercier se retrouva donc en dehors de la nouvelle aristocratie intellectuelle qui, dans ses salons, avait remplacé Lamartine et Zola par de nouveaux gargarismes, économiques et athées ceux-là. Mercier, jusqu’à la fin, revendiquera son droit à une interprétation personnelle des thèses de Marx, ce qui est la première qualité d’un marxiste. La gauche haïtienne tioul et inféodée, ne reconnaît pas à un Haïtien, fut-il mulâtre, de contredire un maître blanc, fut-il Marx, le champion de la liberté intellectuelle. La gauche condamne la thèse de Mercier sur les classes moyennes et y voit un prétexte inventé pour s’acoquiner avec Duvalier.

Mercier doctrinaire

Sur le plan purement théorique, si Marx a raison quant aux classes moyennes européennes, Mercier n’a pas tort quant aux classes moyennes haïtiennes. Voyons pourquoi.

« C’est une imbécillité, une aberration de Marx d’avoir fait passer les classes moyennes pour une classe réactionnaire. Nous, du PCH, affirmons que les classes moyennes haïtiennes sont une classe révolutionnaire pour avoir fait le mouvement de 1946. Nous ne recevons d’ordre ni de Moscou, ni de Pékin, ni de La Havane. Nous Haïtiens, nous avons inventé la Liberté en Amérique, nous fûmes la Cuba du XIXe siècle, et ceci sans personne pour acheter notre sucre et sans la presse pour parler de nous. Nous pouvons encore être le phare de cette planète en panne d’humanité, et sans l’aide d’aucun impérialisme, fut-il communiste comme nous... (Roger Mercier, Musseau, 10 mars 1974)

Le terme ’classes moyennes’ en effet, tant en Europe qu’en Amérique, est un synonyme de ’petite bourgeoisie’. Il réfère à cette couche de la population de ces deux continents qui regroupe les professionnels, les intellectuels, les artistes, les pourvoyeurs en services en général. En Europe plus précisément, c’est cette strate sociale qui vivait du mécénat des princes, propriétaires terriens dans la société féodale. Elle va rester attachée aux nouveaux riches, propriétaires de machineries et de capitaux (bourgeoisie) dans le système capitaliste après la révolution industrielle et la révolution de 1789. Donc, par intérêt, éducation, affinités émotionnelles et liens biologiques, cette classe moyenne, à mi-chemin entre les ouvriers et les capitalistes, sera partisane du statu quo bourgeois, contre le progrès des masses laborieuses, donc réactionnaire.

[(De même, Marx affirme que la religion est l’opium du peuple’. Ceci est vrai pour toutes les religions depuis que l’homme existe, mais archi-faux pour le vaudou pendant trois siècles à St-Domingue jusqu’en 1804, quand une phalange des opprimés devint oppresseur. Et le Christianisme a sauvé l’Europe de la superstition et l’aura préparée pendant huit siècles pour sa modernisation. Moïse libéra les juifs du joug égyptien avec des valeurs religieuses). (Le terme ’opium’ du temps de Marx était synonyme de somnifère. Aujourd’hui, on sait que certains narcotiques font enrager au lieu d’endormir. C’était le cas du vaudou en 1791 et du judaïsme au temps de Moise)]

Contrairement donc a l’Europe et à l’Amérique, chez nous, en effet, le terme "petite bourgeoisie", en majorité mulâtre, renvoie plutôt aux fils de commerçants et d’importateurs. Jusqu’à la création de nos lycées, le monopole de la formation universitaire, donc des postes de commande dans l’administration, revenait à cette petite bourgeoisie mulâtre .

Ce qu’on va appeller "classes moyennes" en Haïti, regroupera plutôt les fils de paysans et des masses populaires des villes devenus médecins, avocats, écrivains etc. Et dès 1843, après la nuit boyérienne, puis au temps de la lutte entre libéraux et nationaux, cette classe moyenne noire, cherche comment bousculer de la scène politique la petite bourgeoisie mulâtre traditionnelle. Pour casser son élan, en 1915, la grande bourgeoisie mercantile sabote successivement trois présidents et fait décapiter un quatrième (Guillaume Sam) pour faire appel à l’occupation étrangère. (Même scénario en 1994 et 2004), Mais la nouvelle élite noire réussit quand même son coup en 1946. La bourgeoisie réagit en 1950 avec Paul Magloire. Les classes moyennes récidivent en 1957 avec Duvalier. Et Aristide, piégé par la petite bourgeoisie déguisée en marxiste et noire à 98% cette fois-ci, viendra tout gâcher entre 1991 et 2004. (Toutefois avec pour conséquence positive, la médiatisation du drame haïtien à l’échelle internationale et l’agrandissement du terrain de lutte pour nous autres les impénitents de la cause nationale).

En Haïti donc, les classes moyennes sont une entité sociale bicéphale, intra antagonique, s’entredéchirant pour le pouvoir. Et le cher Rémy Zamor, professeur d’Histoire, répètera toute sa vie, sans vraiment comprendre pourquoi : « Le bonheur de ce pays passe par la réconciliation de ses élites noires et mulâtres ».

Le PCH, une avant-garde néo dessalinienne : 30% de cadres mulâtres pour 1% de mulâtres dans la population.

Cette réconciliation des élites, Mercier la réalisera donc au sein du PCH. Alors que Dessalines échoua en voulant donner sa fille Célimène à Pétion ; Duvalier François se couvre de ridicule en disant au mariage de sa fille avec Dominique : « J’ai réussi là où Dessalines aura échoué ; et Duvalier Jean-claude s’illusionne piteusement croyant « réconcilier la famille haïtienne » en épousant les Bennett. Depuis l’Indépendance en effet, nos dirigeants pensent que l’harmonie entre noirs et mulâtres haïtiens sera le résultat d’alliances matrimoniales entre leurs familles. Un rêve servile copié sur le modèle européen.

Au PCH, j’ai été émerveillé de découvrir autant de mulâtres patriotes, décomplexés dans les grandes lignes, des mulâtres nègres de coeur, luttant pour un idéal côte à côte avec des fils du peuple. Imaginez la tête de Franck Helmke partageant une bouteille de trempé avec Gasner Raymond dans "Le Peuple s’amuse", ou Colette Baussan prêtant son mouchoir à Yolaine François de Lakou Mouzin dans "Mini Minuit". C’était beau !...

...Evidemment, à coté de certaines petites choses, le naturel ayant la vie dure, il faut croire au changement pour le vivre. Au réseau de la rue Lamarre, nous étions conscients qu’il fallait renoncer aux fêtes de famille chez les camarades de Pétion -Ville et éviter leurs soeurs et leurs cousines. Mais pour le reste, nous étions prêts à mourir et à tuer pour eux. Dans le même sens, je revois feû Piston Pierre-Louis obligeant son père médecin à soigner gratuitement une plaie purulente et fétide à la jambe du papa de « Grap », le tambourineur de "Mini Minuit".

(Dans le même temps, Jacqueline Volel, mon boss en 1982, me rapporte que des socialistes latino-américains auraient reproché à des cadres du PUCH leur hypocrisie envers Jacques Roumain, Gérald Brisson, Roussan Camille, etc. qu’ils ont poignardés par leur indifférence face à leur mort à cause de leur peau claire et leur origine sociale.)

Aujourd’hui, les élites noires de 1946, 1957 et 1971, repues des caisses de l’Etat, ont pratiquement rejoint la grande bourgeoisie traditionnelle mercantile après un transfert de classe verticale. Avec les petits gagoteurs de 1991-2009, encore au pouvoir, ces strates sociales constituent pratiquement l’ennemi national. On ne peut plus compter sur elles comme avant-garde progressiste sur la base de leur conscience politique de classe, mais sur leurs choix individuels, question d’humanisme et de sensibilité sociale.

Le PCH est mort. Le communisme « aussi ». Les ennemis du PCH ont fait alliance avec l’Américain pour gouverner le pays, avec le même Washington qui filmait les scènes de torture de leurs camarades à Fort Dimanche sous Duvalier. Que reprochaient-ils donc à Mercier ?

Mais une vérité demeure vivante : le PCH aura démontré ce qu’une idéologie bien comprise peut réaliser pour la réconciliation et l’unité nationales en Haïti. Une vérité persiste : la nécessité d’une pensée autochtone, non livresque en Haïti, pouvant rallier sur une base commune, non plus des opportunistes, comme en 1990, mais des progressistes, des visionnaires, des lutteurs.

Note : La liste des militants du PCH que j’ai publiée dans mon premier article sur Mercier (LN #38046) concerne exclusivement les camarades que j’ai connus personnellement comme membres du PCH durant les 10 mois que j’y ai passés. Toutefois, pour l’Histoire, et sur demande de Henry Boisrolin rentré d’Argentine et de Jean-Robert Hérard, j’ajoute volontiers les noms suivants : Henry Boisrolin, Harry Guichard, Alfred Rousseau, Fritz Longchamps et Frantz Nelson et le camarade Azor. (J’ai connu Jean-Robert Michaud, et le Dr Claudette Pierre-Louis mais j’ai omis leurs noms par mégarde).

Errata : Dans liste en question, lire plutôt :
Jerry Lescot au lieu de Jerry Baussan
Frantz Verna au lieu de Jean -Robert Verna
Yves -Marc Jean-Joseph au lieu de Yves -Marc Charles.
H.-C. I.

Henry Claude Innocent
Ingénieur Civil
tél : 36 65 36 31
1804deziem.mitan@gmail.com

SÉNATORIALES / DEUXIÈME TOUR / La bataille essentiellement entre Lespwa et l’OPL

Le Matin

Des candidats protestent et menacent d’ester en justice

Selon les résultats du premier tour des sénatoriales du 19 avril 2009, le scrutin du deuxième tour mettra surtout aux prises la Plateforme politique Lespwa, parti au pouvoir, et l’Organisation du peuple en lutte (OPL). Des vingt-deux candidats qui prendront part à ces joutes, Lespwa en compte neuf et l’OPL, cinq.
Les résultats proclamés, le lundi 27 avril, par le Conseil électoral provisoire (CEP) montrent que la plateforme Lespwa est en bonne position pour gagner les départements de la Grande Anse, le Nord et l’Ouest, avec respectivement Jean Maxime Roumer (38,67 %), Jean Charles Moïse (49,49 %) et Joseph Joël John (29,31 %). Alors que l’Organisation du peuple en lutte (OPL) est bien placée dans le Nord-ouest avec Hyppolite Mélius (34,93 %), candidat à sa propre succession. L’OPL est également bien placée pour gagner l’un des deux postes en lice dans l’Artibonite avec François Anick Joseph (26,22 %), un prêtre catholique.
Quoiqu’en première position dans le Sud-est avec Wencesclass Lambert (49,06 %), frère du sénateur Joseph Lambert (Sud-est, Lespwa), les résultats du premier tour laissent augurer une sérieuse lutte entre Lespwa et l’OPL, celle-ci représentée par Ricard Pierre (43,19 %), candidat à sa propre succession. Même cas de figure pour le Nord-est avec Lucien Dérex Pierre-Louis (24,48 %), face au candidat de la Fusion des sociaux démocrates haïtiens (Fusion), Jean Rodolphe Joazile (18,54 %).

Lespwa au deuxième tour avec 9 sur 10

En attendant les élections dans le Plateau central, les résultats indiquent que presque tous les candidats de Lespwa iront au deuxième tour et, pour la Fusion, seulement deux : Marie Aurore Lainé Bellefleur (22,06 %) dans la Grande Anse et Jean Rodolphe Joazile (18,54 %), dans le Nord-est, candidat à sa succession.
L’UCCADE, un regroupement proche du pouvoir, et le parti de l’actuel ministre de la Jeunesse et des Sports, Konba, sont en bonne position (première place) dans le Sud et les Nippes avec, respectivement, Joseph Benoît Laguerre (27,97 %) et Jean William Jeanty (23,95 %).
Avec Mario Viau (12,56 %), l’Union est en compétition avec Lespwa pour l’unique poste à pourvoir dans l’Ouest. Les résultats démontrent que le parti le plus affaibli est Ayiti an Aksyon, ci-devant Latibonit an aksyon (LAAA) avec un seul candidat, Jean Willy Jean Baptiste (22,29 %), en deuxième position dans l’Artibonite où deux sièges sont à pourvoir. Lors des élections de 2006, rappelle-t-on, LAAA avait gagné deux sièges sur trois dans l’Artibonite avec l’élection des sénateurs Youri Latortue et François Fouchard Bergromme.
Au moment de rendre publics les résultats du premier tour, le président du Conseil électoral a annoncé l’ouverture, dès le mardi 28 avril, de la période de contestation. Frantz Verret a invité les candidats qui s’estiment lésés à se présenter, accompagnés de leurs avocats, aux Bureaux du contentieux électoral départemental (BCED) et, si nécessaire, au Bureau du contentieux électoral national (BCEN). M. Verret n’a pas précisé la date de la fermeture de la période de contestation.
Le Conseil électoral provisoire maintient par ailleurs la date du 7 juin 2009 pour l’organisation du deuxième tour des sénatoriales 2009 au cours desquelles, selon le directeur général du CEP, seront corrigées les irrégularités enregistrées lors du premier tour, le 19 avril dernier.
Par ailleurs, le CEP projette d’organiser les élections dans le département du Centre, annulées pour cause de violence, après la tenue du deuxième tour. Au Centre de presse du Conseil électoral provisoire, les journalistes ont battu, lundi, un record d’attente. Ils ont attendu jusqu’à 9 h du soir la proclamation des résultats annoncée pour 3 h de l’après-midi. Le temps pour le CEP, a expliqué Frantz Verret, de calculer les pourcentages.
Selon les chiffres présentés par le Conseil électoral provisoire, sur les 3 752 100 électeurs potentiels, 443 616 ont pris part au premier tour des sénatoriales du 19 avril 2009, soit 11,3 %. Avec 2,9 %, le département de l’Ouest accuse le plus faible taux de participation et le Nord’Est, le plus fort taux, 29,8 %.
Dès mardi matin, des candidats s’apprêtaient à contester les résultats. Marie-Denise Claude, dans l’Ouest, a même menacé d’ester en justice. Dans l’Artibonite, le candidat François Anick Joseph (OPL) a dit ne pas comprendre la méthode de calcul utilisée par le CEP.

mercredi 29 avril 2009

Dépenses gouvernementales pour les sénatoriales : la commission Justice du Sénat insatisfaite après sa rencontre cet après-midi avec le ministre de l’Intérieur et des collectivités territoriales, M. Paul Antoine Bien Aimé

Le président de la commission justice du grand corps, le sénateur Youri Latortue n’a pas caché sa déception cet après-midi à sa sortie de sa rencontre avec le ministre de l’Intérieur et des collectivités territoriales, M. Paul Antoine Bien Aimé convoquée pour des explications autour des fonds décaissés par l’Etat au profit des candidats engagés dans les dernières sénatoriales partielles.

"Je suis resté sur ma faim car, le ministre n’a pas apporté les réponses aux questions qui nous préoccupaient", a dit le premier sénateur de l’Artibonite qui, comme de nombreux parlementaires, est alarmé par des rumeurs persistantes laissant penser que le pouvoir central aurait favorisé d les candidats de l’ESPWA dans la subvention accordée aux partis politiques.

Autrement dit, les candidats proches du pouvoir (LESPWA, UCADE et quelques indépendants) auraient reçu un traitement de faveur. "Non et Non, c’est foncièrement faux", a répondu le ministre à la presse indiquant que chaque candidat avait reçu 100.000 gourdes comme il a été décidé à partir de l’enveloppe initiale reçue du ministère des Finances. "Je peux garantir qu’il n’y avait aucun favoritisme dans le traitement de ces fonds", a dit M. Bien-Aimé qui est convoqué pour une deuxième rencontre vers la première semaine du mois de mai au sénat. "Cette fois-ci, il doit venir avec des documents détaillés des décaissements pour que tout le monde puisse vérifier que les candidats du pouvoir n’ont pas été favorisés dans ces élections", a rétorqué le sénateur Latortue qui est convaincu que tous les candidats n’étaient pas partis avec les mêmes avantages.

Haïti et la route de l’esclavage

Un accord de l’UNESCO demande aux ministres de la Culture de célébrer l’abolition de l’esclavage tous les 23 août. La France et la communauté internationale sont appelées à fêter cet événement en cette année 2009, au milieu d’autres commémorations significatives

EXACTEMENT 205 ans après l’émancipation d’Haïti, il convient de mette à l’honneur ce pays qui, le 1er janvier 1804, a été le premier de toute la région à accéder à l’indépendance.

Le libérateur Toussaint-Louverture symbolise à la fois l’abolition et la Révolution française (qui fêtera ses 220 ans le 14 Juillet) ; celle-ci était à son apogée lorsqu’elle inspira à Saint-Domingue, devenu Haïti, la

rébellion des esclaves, mais fut ensuite trahie dans ses principes mêmes par Napoléon Bonaparte

Karfa Diallo et Patrick Serres, président et secrétaire général de l’association DiversCités, créée en France il y a dix ans pour combattre la profonde amnésie qui entoure la colonisation et la route de l’esclavage, se sont proposés d’amener la ville de Bordeaux à reconnaître que sa richesse est née essentiellement du trafic d’esclaves, qui s’est poursuivi malgré la Révolution française.

Le souvenir du héros haïtien, fils d’un esclave venu du Dahomey (aujourd’hui, le Bénin) qui dirigea la seule et unique rébellion d’esclaves triomphante de l’histoire contemporaine et la deuxième défaite du

colonialisme en Amérique latine, reste vivant dans ce qui fut sa cellule de Fort de Joux, dans les collines de Lorraine, en Franche-Comté.

Bien qu’esclave, Louverture apprit à lire et à écrire. Cocher de son métier, il devint si bon cavalier qu’on le surnommait le « Centaure de la savane ». En 1791, il rejoignait les rangs de la rébellion à l’âge de 48 ans. Il fut choisi pour négocier - sans succès - avec les propriétaires qui récupéraient du terrain. Toussaint eut alors l’idée de pactiser avec les Espagnols qui, alliés aux Anglais, contrôlaient la côte est de l’île d’Hispaniola, puis il conquit ses galons de général. Le 29 août 1793, pressentant une invasion anglaise, l’Assemblée nationale de Paris proclamait l’abolition de l’esclavage, déclarant que « les esclaves noirs seraient désormais libres s’ils embrassaient la cause ». Louverture rompit alors avec l’Espagne et passa dans le camp français avec 4 000 de ses hommes. Il lui fallut deux ans pour vaincre les troupes espagnoles, et trois de plus pour se débarrasser des 60 000 envahisseurs anglais. Selon les chroniqueurs, il trouva un allié dans les Etats-Unis, alors présidés par Alexander Hamilton. Il en profita pour stimuler le développement de la production agricole et le commerce avec la jeune république américaine. Il réduisit la durée de la journée de travail (à neuf heures) pour la première fois dans l’histoire et donna aux travailleurs le droit au quart des revenus. Mais Jefferson gagna les élections de 1800 et assuma la présidence étasunienne le 4 mars 1801. Lui-même esclavagiste, il fit savoir à Talleyrand qu’il pourrait livrer à la France tout ce qu’il lui faudrait pour reconquérir Haïti. A la fin de sa guerre contre l’Angleterre, Napoléon put compter sur les deux armées anglo-saxonnes pour se lancer sur la petite île des Caraïbes.

LA RESTAURATION DE L’ESCLAVAGE

L’empereur arma une flotte énorme en 1802 et l’envoya envahir Haïti sous le commandement du général Victor Emmanuel Leclerc, l’époux de sa soeur Pauline. Il s’agissait de désarmer les Haïtiens, de déporter

Toussaint et de restaurer l’esclavage. Le général noir fut invité à monter à bord d’un des bateaux pour négocier, il fut arrêté sur place puis conduit à Fort de Joux, où on le retrouva mort peu de temps après, le 7

avril 1803, « assis, la tête appuyée conte la paroi de la cheminée ».

Diallo, d’origine sénégalaise, estime que la révolte des esclaves de Saint Domingue signa l’échec du système et motiva l’exaspération de Bonaparte. « Certains disent que Napoléon agissait sous l’influence de sa femme Joséphine, fille d’une riche famille de planteurs de Martinique, les Tascher de la Pagerie. En fait, il obéissait à des raisons économiques et plus spécifiquement aux pressions de colonialistes influents, dont

ceux de Bordeaux.

La traite et l’esclavage ne furent abolis définitivement qu’en 1848. « Mais le système se perpétua dans un cadre différent », assure Karfa Diallo.

Patrick Serres rappelle pour sa part qu’à la fin du 18e siècle, alors même qu’il était interdit par l’Etat français d’armer des navires à cette fin, la traite se poursuivait depuis la ville cossue du sud-ouest de la France. « Il en reste d’ailleurs, sur place, des traces visibles, ne serait-ce que dans les noms des rues », fait remarquer la chercheuse Danielle Petrissans-Cavalles.

« On est en droit de parler d’amnésie volontaire. La richesse et la beauté de ses belles demeures sont généralement attribuées à la manne vinicole et au commerce avec les colonies. On en profite pour oublier,

volontairement, que cette prospérité est aussi liée au trafic négrier. »

Diallo ajoute que les autorités de Bordeaux protestèrent contre l’arrivée des premiers esclaves. Mais elles ne tardèrent pas à concéder aux armateurs les primes attribuées par l’Etat français au profit du prétendu

« commerce avec les pays d’Amérique ». Ces aides qui en fait finançaient un véritable génocide se maintinrent au-delà de la première initiative de la Révolution française contre l’esclavage, contenue dans la Déclaration des droits de l’Homme. Les armateurs bordelais possédaient de riches plantations dans les Antilles et envoyèrent leurs représentants à la Convention de Paris pour convaincre l’Assemblée que l’esclavage relevait essentiellement de l’entreprise coloniale et que l’égalité proclamée en 1789 ne concernait que la métropole et en aucun cas ses colonies. Le même stratagème fut repris par l’Espagne en ce qui concerne Cuba.

« A cette époque, on ne savait pratiquement rien des Noirs. La nouvelle qu’ils avaient créé un Etat et réduit à néant tout un système d’exploitation, après une guerre féroce, eut de quoi stupéfier. »

Si Bonaparte et les autres monarques de l’époque réagirent avec autant d’énergie, c’est parce que Saint Domingue était le laboratoire de la colonisation en Amérique, convoité aussi bien par l’Espagne que par

l’Angleterre en raison de ses plantations de canne à sucre, de café, d’indigo, de coton, de cacao et de tabac où les colons avaient installé des réseaux efficaces d’irrigation. La richesse de plus de deux mille

exploitations reposait toute entière sur l’exploitation brutale de plus d’un demi-million d’Africains. Pour les besoins de la cause il avait été décrété qu’il ne s’agissait pas d’êtres humains mais de bêtes et personne ne

voyait de mal à ce qu’ils fussent forcés de travailler plus de douze heures par jour sous un soleil tropical qui, alors comme aujourd’hui, était sans complaisance.

Quant aux femmes esclaves, elles étaient violées systématiquement, ce qui donna naissance à un nouveau groupe formé de métis, eux aussi soumis, pour la plupart, à diverses formes d’exploitation. Les femmes

étaient fouettées sans ménagement et à la moindre faute, on leur incrustait un masque de fer blanc sur le visage. D’autres subissaient des amputations des membres ou des parties génitales. Ce qui explique sans

doute, en partie, la violence de la rébellion.

« Haïti triomphe grâce au génie politique et militaire de Louverture, mais le territoire est assiégé et tous l’abandonnent, rappelle Diallo. La France obligea ensuite Haïti à acheter son indépendance au prix de dix

millions de francs or, une somme d’une valeur inestimable, et le pays fut ainsi saigné à blanc : de tels procédés ouvraient grand les portes à un système basé sur la corruption. »

Diallo insiste : il faut étudier plus à fond la réalité de ce que fut la colonisation. Il y a des territoires qui recèlent des richesses et devraient à ce titre connaître la prospérité, mais plusieurs siècles de domination et

d’exploitation les en ont privés. « Quand on ose dire que l’Afrique a été victime des Africains, on ne fait rien d’autre que de fournir une excuse aux colons européens, même s’il est vrai que certains roitelets des côtes ont participé à la capture d’esclaves à l’intérieur des terres. Les Européens arrivaient et leur proposaient de l’alcool, de la verroterie, mais aussi des armes dont ils avaient besoin pour combattre leurs

adversaires. »

« Je suis persuadé qu’il y a tout un travail de recherche et de récupération de la mémoire historique à faire en Afrique. J’ai fait mes études au Sénégal, la traite avait pour théâtre principal l’île de Gorée. Il

faut que les enfants des écoles apprennent tout ce qui se cache sous cette histoire, celle du colonialisme. Il est non moins nécessaire d’exiger réparation. Les Africains ne le font pas et ils ont tort. On peut et on doit

accorder une réparation à Haïti, et modifier la politique de la communauté internationale envers Haïti.

Divers Cités invite l’Europe et l’Amérique à participer à la réparation, en mettant en place, par exemple, des plans d‘éducation prioritaire dans les quartiers et les territoires les plus nécessiteux. Ce projet a été présenté, aux Etats-Unis, au président Bush, mais celui-ci refuse de reconnaître qu’il existe la moindre dette envers l’Afrique et les Afro-américains. Les problèmes ne sont pas les mêmes partout, reconnaît Diallo, mais il y a moyen de passer à l’action. Le premier pas consiste à faire connaître la vérité sur ce qu’ont été le colonialisme et l’esclavage.

« Tout le monde était d’accord, à Bordeaux, pour construire ici un mémorial. La décision a été unanime et a été soutenue avec ferveur par l’Université. La mairie a désigné une commission qui a approuvé le projet. »

Mais le mémorial en question, inauguré sur le quai Colbert, aux abords de la place de la Bourse, est en fait une modeste plaque qu’il est difficile de trouver. Notre première recherche s’est d’ailleurs avérée

infructueuse.

« L’UNESCO a adopté un accord fixant au 23 août le Jour de l’abolition de l’esclavage et invitant les ministres de la Culture de tous les pays à commémorer dignement cet événement. L’idée pourrait aussi être

suggérée au président Obama. Il s’agit de sensibiliser, petit à petit, chaque gouvernement, et le monde entier. »

DiversCités se prononce pour la fameuse diversité dont le président français Sarkozy s’est fait l’apôtre. La France a reconnu il y a cinq ans qu’un crime de lèse humanité a été commis. Aux côtés des Etats-Unis,

de la Grande-Bretagne, de l’Espagne, de tous ceux qui se sont enrichis de l’esclavage, tous pourraient avoir des initiatives de dédommagement, en particulier à l’égard d’Haïti, qui est passé de la richesse au dénuement le plus absolu. Pour résoudre le problème du monde noir, c’est en Haïti qu’il faut commencer, affirme Diallo. Et il n’a pas tort.








Accueil | Plan du site | info visites 313183

Suivre la vie du site fr  Suivre la vie du site NOUVELLES D’HAITI  Suivre la vie du site Revue de la Presse en Haiti   Politique de publication

Haitimonde Network